14.11.2006

Y m'énerve!

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Je me suis prise la tête avec mon psy. J’ai bablaté sur mon projet pendant 20 minutes et il m’a coupé en me demandant ce qu’il en était de ma vie. Bah quoi, c’est pas pareil ? Non. Je parle d’autre chose pour ne rien dire de personnel. Comme sur ce blog en somme. Les autres décrivent leurs soucis, leur malaise, moi je fais des tonnes sur un sujet pris comme ça, dans l’intellect. Mais je ne sais pas faire autrement. J’ai mis une barrière entre moi et le monde il y a longtemps et depuis, je ne lâche pas. Je n’arrive pas à craquer vraiment, je n’arrive pas à ressentir, vraiment . Je m’ennuie vite avec les gens, je ne connais que le drame ou le rien. Quand j’étais petite, mes histoires d’école n’intéressaient pas mes parents : au pire, je me prenais des raclées parce que ce que je racontais éveillait des souvenirs difficile pour mon père (m’enfin, je ne comprendrais jamais comment l’histoire de billes de ma copine Marie pouvait l’émouvoir au point de renverser la table par terre et partir en beuglant et fracassant les portes sur son passage...), au mieux, on me reprenait sur les mots que je prononçais. Il fallait dire « en effet » et pas « vu que ». Le fond, tout le monde s’en fichait, ça n’avait pas d’importance. La forme, oui, en avait beaucoup. On comprendra bien mes problèmes d’image et cette importance que j’accorde à mon apparence. Et le peu de consistance que je me donne.

Je me suis sentie insignifiante chez moi, je l’étais à l’extérieur. Si au moins j’avais rencontré une bonne âme ; un ami de mes parents, ou de la famille, pour me revaloriser, cela aurait été, mais à part la maison, il n’y avait pas grand-chose. Moi je n’ai pas de souvenirs précis d’une vie remplie, pas très étonnant que je n’arrive pas aujourd’hui à raconter ce qu’elle est. C’est si important que ça mes histoires avec F ? Avec Val ? Avec Hélène ? Et puis quoi d’autre ? Pas de petits copains, pas de passions, pas d’activités débordantes ; J’ai essayé mais les amis–simple-copains me soûlent. Trouver des sujets de conversation, s’intéresser superficiellement à leur quotidien juste pour le plaisir d’un verre et d’un plat partagé.. bof. Pendant ma semaine sur Paris j’ai essayé de les voir ces amis là, j’en ai vu deux, j’ai abdiqué pour les deux autres tellement ça me barbait. Quant aux amis intimes, ils sont partis dans d’autres villes et on ne s’en refait pas comme ça à la demande.

Mes passions ? Rien de racontable. Rester poster à ma fenêtre à regarder le ciel était devenue ma position favorite ado, la seule que je pouvais avoir d’ailleurs n’ayant aucune autre proposition, ni de mes parents, ni des amis que je n’avais pas. J’ai dépassé ça, mais je lis, j’écris, je suis collée à internet. Autre fenêtre, autres horizons. Et mes projets pro, mais ça, comme c’est du superficiel apparemment, je ne m’appesantis pas. Mais c’est vrai que je ne collectionne rien, ne fais de sport que mes abdos fessiers, n’écoute pas de genre de musique particulier, juste les hits à la radio, ne suis même pas une spécialiste d’une littérature spéciale… Je n’ai pas d’idole, je ne sais faire aucune recette super bien, je n’ai pas de talent caché. Si ce n’est celui d’observer, de penser, et je suis devenue sociologue.

Bon. Je ne suis pas Cosette, oh là là, je le sais très bien, je ne me plains pas, je suis même au contraire contente des cartes qui m’on été distribuées parce que ça aurait pu être bien, bien, bien pire : naître à une autre époque, dans un autre pays, dans la famine, la guerre, la mort. Je sais les souffrances que peuvent ressentir les êtres humains, j’écoute la radio, justement, et pas que pour la musique. Alors, franchement, je ne moufte pas. C’est pour ça que la démarche du psy me parait presque insurmontable. Après tout, et bien, ma vie, voilà, elle est pas facilement exprimable, elle est pas transcendante, mais elle me procure aujourd’hui un certain bien être, une aisance, une liberté, et quand je dors bien au chaud dans mon lit le soir, bah j’en suis très contente de ma vie.

La prochaine fois je lui raconterai mon expérience très ordinaire dans le métro avant de venir, et de quoi j’ai discuté avec mon voisin dans le train, ça lui fera sans doute plaisir. J’ai pas grand chose d’autre à lui offrir en pâture, mais je commence à trouver que ça fait cher le mot.

18:16 Écrit par Desmerona dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

12.11.2006

Problème de définitions.

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Je suis malade… Du coup je bouquine encore plus que d’habitude, je n’ai pas trop d’élan pour faire autre chose. J’ai donc lu Thornytorinx de Camille de Peretti (merci à Nolween pour cette référence!). J’ai aimé, mais je l’ai trouvé un peu cru, non pas dans la description de ses crises (oh on peut faire encore bien pire !) mais plus dans la façon qu’elle a de se conditionner pour assoire que « non, non tout va bien », même si elle continue encore à vomir de temps à autres. J’ai tenu cette posture moi aussi il fut un temps mais au final, je compare ma boulimie à de l’alcoolisme et je me dis qu’en tant qu’alcoolique, on ne pourrait pas se considérer en abstinence en se permettant de s’envoyer un verre de remontant lorsque l’on est à bout de souffle. Mais du coup je réfléchis à ce que veut dire « guérison » pour les TCA. Lorsque je discutais avec des anorexiques soit disant guéries lorsque j’étais au Québec et que j’avais participé à une association d’entraide, elles me disaient toutes: « oui, on mange, donc on n’est plus anorexiques, sauf que bien sûr, on ne mange que de la soupe, ou que des légumes..». Elles ne mangeaient pas tout ce qui pouvait faire grossir en gros ? Donc elles étaient toujours dans le contrôle, l’interdit alimentaire, la restriction et la quête d’un corps mince voir, très mince. Et si jamais un plat de frites arrivait dans leur repas, comment le géraient-elles ? Et que se passait-il lorsque avec des amis, lors de vacances par exemple, elles devaient se confronter à des sauces caloriques qui venaient se rajouter à des légumes jusque là inoffensifs ? Je n’ai jamais posé la question, car elles étaient si contentes d’elles, je ne voulais pas enfoncer le clou.

Mais bon, moi, ça me fait un peu rigoler le concept de guérison en matière de troubles alimentaires. Eliminons déjà tous ceux qui pensent que TCA et poids sont équivalents. Pas du tout. Il n’y a que les anorexiques restrictives qui ont des poids inquiétants et elles ne forment qu’une partie de ceux qui ont des TCA. Rappelons que les autres souffrent aussi. Reprendre l’affirmation des malades que TCA= maigreur c’est rentrer dans « notre » jeu. Car c’est avant tout « la quête de maigreur » qui importe, et c’est ce mot là qui est important. C’est l’attente, le désir, l’incapacité de construire autour de ça, l’insatisfaction chronique dans des vies qui ne nous ressemblent pas, quoique l’on fasse, quoique l’on tente. Et si les anorexiques restrictives tombent si bas c’est parce qu’elles sont encore plus absolutistes dans cette quête. Mais le mécanisme de pensée est pareil chez tout le monde souffrant de TCA, à des variations différentes cependant.

Alors bon, dire d’une nénette qui n’est plus un squelette ambulant, « tiens elle est guérie, c’est bon », c’est ne pas creuser bien loin. Des fois c’est le cas, des fois non.

Doit-on se baser sur le régime alimentaire alors ? Cela revient à ce que je disais plus haut. Ok, on peut passer d’un fruit par jour à un régime végétalien, mais bon, il n’y a toujours aucune trace de spontanéité ni de plaisir dans l’alimentation, ni de laisser aller. Pas d’autorisation au corps de varier en fonction du besoin et de le demande du dit petit corps. Pas d’autorisation, je suppose aussi, quant aux repas sociaux et conviviaux (ou alors en affichant de suite : "j’ai un certain régime et si vous m’invitez prenez le en compte"). Bon en même temps, ceux qui ont du diabète, ou des allergies, eux aussi imposent à leur entourage des menus spécifiques et se privent de certains plaisirs. Mais ce n’est pas psychologique. Pour reprendre l’image de l’alcoolique qui est plus proche des tca, il n’y a plus d’autorisation non plus à aller boire la coupe de champagne au mariage, baptême ou que sais-je des amis et des parents. Eau, jus de fruit, c’est sans doute aussi triste quelque fois qu’un menu légume,-poisson-sans-rien. Disons que c’est cette surveillance qui est gênante. Mais à la limite, je conçois peut-être cela au plus près de l’idée de « guérison » que ce décrit Camille de Peretti dans son idée de s’autoriser des vomissements de temps à autre. Moi je suis dans le tout ou rien, je ne pourrais pas me lâcher « que » de temps en temps. Mais peut-être que chez elle, c’est un signe de mieux-être ? Le fait d’avoir instaurer un système de tca temporé ? Je ne sais pas.

Je voudrais sortir totalement de cet enfer pour ma part. Je suis boulimique-anorexique parce que trop gourmande et supportant trop mal la faim pour être anorexique simplement. Là je me retrouve dans l’ouvrage de Camille. Mais du coup, je ne me vois pas ne mangeant que des trucs bouillis et sans gras, sans rien, toute ma vie. Il faut être honnête, si cela laisse ma conscience en paix, mes papilles sont loin d’être satisfaites. C’est ça le problème. La boulimie vient donc comme un spectre qui compense  cet ascétisme là. Et même, je ne suis plus capable de m’en contenter aujourd’hui et suis encore plus dans le tout ou rien en distinguant clairement période de lâcher prise boulimique et de rien anorexique. Je voudrais pouvoir manger des plats appétissants et plein de goûts, pas forcément diététiques, comme je veux, sans penser que quelque chose de terrifiant va arriver.

Rien de terrifiant n’arrive d’ailleurs. Cet hiver, j’ai connu cet éden absolu. J’ai mangé ce que je voulais. Et ce que je voulais, ce n’était pas du diététique mais du bon. J’ai atteint un poids jamais eu. Pas grosse, mais même plus vraiment mince. Normale. Je n’ai pas supporté. Personne ne s’en était rendu compte pourtant ! C’est ça le pire ! Je n’avais pas vraiment changé. Juste un tout petit peu mais rien de notable en sorte. Ni plus jolie ni moins jolie, tout presque comme avant. Le plus agréable c’était de se refaire des goûters. J’étais avec mon ex re de nouveau actuel avant de redevenir ex… (faut suivre)… et surtout je passais ma vie avec F qui est le seul être en ce monde avec qui je peux manger sans culpabiliser. Le seul avec qui je n’ai pas à porter d’artifice, le seul avec qui cela n’a aucune importance d’être une fille. Bref. Se faire un bon chocolat chaud soi-même avec de la vraie tablette cacao 80% et du lait entier (oui le rouge !!) le tout accompagné de petits biscuits à la cannelle alors qu’il fait froid dehors, et que l’on va retrouver des bras câlins. On s’en fout des kilos. On est heureux. Mais cela n’a pas duré longtemps car devant la réalité de mes jeans qui ne m’allaient plus, j’ai repsychoté. Devant la réalité de qui j’étais, je me suis affolée. Etre satisfaite, ne plus porter de corset mental, physique, se ramollir, se laisser aller… lasser tomber les armes. Impossible. J’ai eu une mission, je ne vais pas abandonner maintenant. Celui de protéger les êtres chers. Ils le savent, nous en avons longtemps parlé et plus d’une fois, mais rien n’y fait. Je reste sur mes gardes, je ne craquerai pas. Je ne guérirai pas. Pas encore. Et quand cela arrivera, irai-je vers l’abstinence contrôlée mais modérée ou la guérison totale et libératrice ? Non, décidemment, rien n’est fait.

13:24 Écrit par Desmerona dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

08.11.2006

Vitalisme et saucisson

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Ce soir j’ai eu mes règles après neuf mois d’aménorrhée. Ce n’est pas une blague. Je n’en reviens pas moi-même. J’ai eu mes règles la dernière fois lorsque mon ex petit ami est reparti à l’étranger- encore-, et que j’ai décidé de rompre car Pénélope n’est pas mon second prénom. Nous ne protégions pas, et je ne prenais pas très bien ma pilule. J’ai vraiment cru que j’étais tombée enceinte au constat de mon premier retard. Un test de grossesse m’a rassurée et puis ensuite plus rien, il était facile de comprendre que cela était du à ce « régime » que j’ai commencé à ce moment là pour perdre les kilos accumulés au cours de l’hiver et de ma seule et unique période sans tca. Et voilà. Dans une autre dimension, une autre moi accouche par ce 08 novembre 2006. J’y songe beaucoup. C’est amusant parce que j’avais pensé à mon ex pour la première fois depuis longtemps en début de soirée, et en plus hier j’ai vraiment scellé mon retour au domicile familial avec le déménagement en bonne et due forme. J’accouche de moi-même ? J’ai toujours ce fantasme de la grossesse durant mes crises de boulimie, en voyant ce ventre rond, et je sais que beaucoup de filles atteintes de tca et de boulimie plus exactement font aussi cette remarque qu’elles ont un ventre de femme enceinte. Et les vomissements c’est l’accouchement, difficile, trash, épuisant, et soulageant. Cet idéal de complétude comme diront les psy, beaucoup l’attribuent à la volonté de ne faire qu’un avec la mère. De fusionner dans ses désirs parce qu’elle a apporté ce regard il y a longtemps, qu’elle a elle-même était sous cette dépendance avec sa propre mère. J’ai lu que l’acte de la boulimie serait celui de l’accouchement de soi, de sa libération de sa mère, de l’acte de l’absorber, de la rejeter ensuite car on ne sait plus où elle commence, où l’on finit. Ses désirs, mes désirs, elle, moi, nous… qui est qui ? Qui veut quoi ? Et là, j’ai accouché virtuellement. Cela signifie quoi ? Que j’ai accepté qu’elle s’en aille ? Que j’ai fait le deuil de mon ex ami ? Le deuil de ma vie d’adulte? En redevenant une femme ? Je ne sais plus. Je suis troublée par cette coïncidence et du pouvoir de l’inconscient.

Renversée.

J’ai eu cette idée, aujourd’hui aussi, que j’avais fini par accepter mes imperfections. J’ai passé mon temps à croire que sortir des tca c’était aller vers une perfection mentale. Jouxtée à celle du physique, impossible de s’en sortir. Or j’ai décidé que ce n’était pas ça, qu’il me fallait accepter au contraire que voilà, je suis une vieille fille, c’est le terme, que je n’ai pas d’amoureux et que ma vision de l’amour ne me le permettra peut être jamais, au mieux aboutirai-je à une association de bons procédés avec quelqu’un qui sera davantage mon ami et ça sera très bien comme ça. Je n’aurais peut être pas d’enfant, si ce n’est celui que je viens de mettre au monde dans mon imaginaire ce soir, car les enfants, ce n’est pas forcément mon truc. Je n’arriverai peut être pas à créer mon projet et je tenterai un concours administratif qui m’ira aussi très bien. Je ne sors pas beaucoup car je n’ai pas beaucoup d’amis davantage que parce que je n’aime pas ça, et je n’ai pas beaucoup d’amis parce que je suis introvertie, c’est un fait, je l’accepte. Et oui, j’ai un complexe d’infériorité par rapport à ma super copine qui fait un mètre soixante dix, blonde, tout en jambe même lorsqu’elle a franchement dix bons kilos en trop. Et non, ce n’est pas vraiment le problème car j’adore celle qui ressemble à Lucy Liu. Sauf que la deuxième est mature, la première non, et elle me tape sur le système. Je ressens cette agressivité, je sais qu’elle vient de moi, que c’est parfaitement injustifié, mais voilà, c’est comme ça. Je ne l’aime pas, je ne l’aime plus et c’est gratuit, elle n’y est strictement pour rien.

Je suis toujours cette fille timide au fond de la classe pour reprendre cette image d’Antigone beaucoup utilisée dans les blogs tca. Je n’ai pas changé, j’ai pris plus de pouvoir, j’ai grandi, voilà tout. Non, je suis loin d’être parfaite et non, je suis loin de bien penser, de bien faire, de bien être. Je fais définitivement le deuil de cette utopie que je m’étais fixée, dans cette classe de collège, pour m’aider à tenir et me lever le matin, pour ne pas sauter du pont, pour ne pas me perdre dans une dépression carabinée. Cette fille là, jolie, intelligente, avec des tas d’amis, à l’aise en société, hyper combattante, elle existe dans sex and the city, mais ce n’est pas moi. J’ai réussi des trucs, mais bon, je revois mes ambitions à la baisse, je préfère avoir devant moi un horizon que je pourrais atteindre et non pas totalement inaccessible. Un peu plus haut, pour me pousser quand même, mais pas totalement éloigné de mes réelles compétences et capacités. Dans mon registre. Il n’est pas mauvais ce registre, je ne veux pas faire ma modeste masochiste et me fouetter par pur plaisir, mais il n’est pas celui que j’avais en tête toutes ces années. Je ne vais pas descendre manger ce soir malgré tout, mais je suis contente d’avoir mes règles, et je suis émue car j’ai l’impression que cela signifie une réconciliation timide avec mon corps, avec moi-même, avec mon futur.

Une réconciliation avec tous ces gens qui sont tous imparfaits et vachement plus intéressants comme ça. Tous ces gens que je ne veux plus voir comme on se regarde dans une glace, juste pour pouvoir rectifier un défaut, une attitude. Je veux savoir qui ils sont réellement, ce qu’ils peuvent m’apporter, ce que je peux leur apporter à mon tour. Comment nos imperfections se combinent. Avec certains cela ira, ça sera super, mais avec d’autres il y aura conflits, engueulades, il y aura impossibilité d’être aimée par eux ou de les aimer. Il faudra savoir passer outre dans certains contextes, et oser les rejeter et être rejetée dans d’autres. Accepter les vagues et les remous, accepter d’être bouleversée par « eux ». D’entrer dans une fanfare cacophonique plutôt que d’attendre d’entrer dans le prestigieux sérail de l’orchestre philharmonique.

Je pense de toute façon que le gros rouge et le saucisson unissent tous les musiciens. Juste le plaisir de la vie quoi.

20:52 Écrit par Desmerona dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.11.2006

reprise en main

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De retour. Bon, après trois semaines de pommes-yaourts-raisins, et trois kilos perdus (ouaiiis) j’ai enchaîné une semaine de crises de boulimie non stop (ouhouhou !!!). Fallait s’y attendre. J’ai repris un bon kilo et demi étant donné qu’à force, je ne vomissais plus tout. Donc ça ne servait à rien de m’affamer avant. C’est ça qui est nul avec la boucle anorexie-boulimie, c’est beaucoup d’efforts (souffrance) pour un résultat qui s’équilibre. Ceci étant je veux rester dans une certaine « normalité » niveau poids, d’autant plus que j’ai quand même eu le droit à des remarques par les personnes que j’ai revu en début de séjour. Je me sens obligée d’inventer un bobard et de rigoler bêtement. Je ne veux pas que cela se voit tant que ça, je ne veux pas être remarquée. Et puis j’ai des formations professionnelles en vue (dans le domaine de la santé en plus), mon stage au québec, je ne veux pas traîner ma souffrance avec moi, franchement, quelle crédibilité je vais avoir après ? Déjà que mes 29 ans ne se voient pas, si je deviens trop maigrichonne, on va me tapoter sur la tête en me demandant d’aller chercher des cafés. La jeunesse n’est pas toujours une valeur sure, il faut faire des choix en quelque sorte. Pourtant, en revenant chez mes parents, je me suis décidée à reperdre ce foutu kilo et demi (et non, pas deux d’abord madame, les chaussettes ça compte pas et puis il faut aller aux toilettes avant et être à jeûne…). Quitte à retourner dans un régime restrictif. Je ne suis pas logique ? Non, effectivement, je ne le suis pas. Il y a deux êtres en moi, la tête pensante qui veut aller de l’avant, et le ventre pulsionnel qui ne comprend que le vide et le remplissage. L’attirance et le rejet.

Aujourd’hui les sujets (parents) de mes tourments sont à portée de main, je n’ai plus besoin de mettre en acte quoique ce soit. J’ai besoin de m’affranchir d’eux, de montrer que je suis grande en optant pour une façon infantilisante de le faire. Jolie réussite. C’est ironique bien entendu.

Ceci étant en revenant dans le nid familial, je ne ressens plus cette angoisse du vide que j’ai (re)développé à paris. Que j’ai créé consciemment, plutôt. Les crises de boulimie n’amènent qu’à en enchaîner d’autres, il n’y a plus de place pour d’autres envies alors forcément : pas d’envie de revoir cette vieille copine, ni ce bon film, ni cette expo.. tant qu’à rester cloîtrer chez soi autant se faire péter le ventre ! C’est bête comme raisonnement. En sortant de ce cercle, même en adoptant une position anorexique, l’envie est là, et combat le vide : j’aurais eu envie de la voir cette copine, ce film, cette expo… Beaucoup d’anorexiques ont considéré la boulimie comme une façon de les sortir de leurs symptômes, de réinstaller l’acte de manger dans leur quotidien. Pour moi, boulimique, c’est au contraire l’anorexie qui redevint moteur d’action car j’ai de nouveau du temps pour faire autre chose que bouffer. En plus j’ai fait les comptes, cette semaine à paris m’aura coûté le prix d’un week end dans une capitale européenne. Franchement, j’ai déconné. Là en effet, j’ai honte. Pas d’avoir eu des crises de boulimie mais d’avoir jeté l’argent par les fenêtres, c’est archi nul, il y a des gens qui sont dans le besoin et moi je consomme à donf, pour rien, à l’image d’une société que je refuse pourtant, moi et mes associations sur le développement durable et l’économie solidaire !!! Je gaspille, je jette, je suis une image vivante du pire de cette foutue société à la con.

Je dois revoir tout ça à la base. Je dois valoriser autre chose, trouver d’autres modes d’expression. C’est du vandalisme que je fais, du vandalisme à mon propre corps, à tout ce qu’il y a eu aussi de bien dans mon existence et que je ne vois pas suffisamment tellement je suis dans la rancune, la vengeance, la rage.

J’ai peur qu’à force de cracher au visage de madame chance elle finisse par se casser pour de bon. Ma santé peut aussi foutre le camp, et je ne veux pas mourir, mes amis, ma vie amoureuse, peuvent se défiler un de ces quatre, je peux aussi louper des opportunités parce que pas assez concentrée, pas assez satisfaite, trop prise dans mes problèmes de TCA pour me consacrer sérieusement à un projet professionnel concret, utile, déterminant.

J’ai tout loupé au québec il y a trois ans lorsque je me suis retrouvée sanglée à un lit après une TS lorsque mon poids avait décidé de remonter sans que je lui demande son avis. J’aurais vraiment eu envie de ne pas connaître cet aspect de l’étranger. Je vais y retourner pour un temps beaucoup moins long mais que diable, j’ai une chance monstre, je dois être enfin capable de lever mon foutu nez de ce foutu guidon.

Merde merde merde.

J’aurais voulu finir ce post sur une phrase mieux trempée, mais en ce jour du prix Goncourt, j’assume ma part d’ombre et je délaisse les rondeurs des phrases parfaites.

 

18:14 Écrit par Desmerona dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

26.10.2006

"la la la, je reviens à Montréal"

 

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Je vais repartir au Québec ! Ouaiiis ! J’ai eu confirmation que je pouvais aller faire un stage d’un mois dans le lieu dont je voudrais réimporter le concept en France !!! C’est une bonne nouvelle, car ça me permet de fermer une boucle. Bon, maintenant, j’ai ultra peur de l’avion. Je suis hyper anxieuse et forcément, avec la médiatisation des attentats, je me fais tout un cinéma. Il sera temps de faire le grand saut et de dépasser certaines de mes craintes. Je me rends compte que tout ce que je fais n’aboutira sûrement pas à un travail salarié, mais ce n’est pas grave, j’envisage aussi de transmuter ça en un projet associatif, basé sur du bénévolat. Je vais recommencer à faire des lettres de motivation pour un « vrai » boulot, mais quelque part, le fait d’avoir écrit ce projet, d’avoir tout mis sur papier, ça m’a un peu libéré. C’est vrai que l’écrit est une excellente thérapie. A chaque fois que j’écris des tartines sur mes posts, je me sens mieux. Ça ne sert à rien en tant que tel, pas plus que les paroles que je livre à mon psy, mais à moi ça me fait du bien. Les choses sont calées, extériorisées, je peux les voir, et les appréhender autrement. Je projette encore et encore. Mais ça me construit aussi. Ça consolide.

Niveau lecture, dans la liste de mes obsessions qui ne concernent pas que les TCA, ; je conseille « Marylin dernières séances » de Michel Schneider. J’ai vraiment aimé. Côté nana en mal d’être, elle se posait là.

Je ne sais pas pourquoi j’en parle alors que je viens d’évoquer l’idée que je me construisais… elle se suicide à la fin quand même L

Bon.

Je repars à Paris aujourd’hui, et ce jusqu’au 04 novembre. Il n’y a aura sûrement pas de post dans ce temps là, mais de toute façon, mon blog n’est encore qu’un bébé blog, irrégulier et en balbutiement, pas très au cœur des échanges qui se font autour de lui non plus. Mais là. Quand même, quoi.

Donc je vais le faire grandir à son rythme.

J’ai commencé à réécrire des réflexions pseudo pscholo machin truc mais je me suis arrêtée. Trop mal au crâne.

Et puis j’ai l’impression que rien n’est vraiment justifiable.

14:09 Écrit par Desmerona dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

25.10.2006

Réflexions....

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J’ai terminé la rédaction de mon projet. Il s’agit juste d’un document me permettant de demander des subventions à droite et à gauche, mais cela m’a pris un temps fou ! En fait j’ai procédé comme pour mes rapports de socio : recherches biblio, jolie mise en page… Et bon, je n’ai pas vraiment eu le temps de repasser par la blogosphère. Je croise les doigts, j’ai jeté ma ligne dans deux, trois directions différentes, on verra bien… En plus j’ai refusé en contrat en CDD dans une boite de marketing, mais bon, je suis quelqu’un d’obsessionnel et forcément ce projet est devenu mon truc et je veux m’y consacrer à 100%. De toute façon ce CDD était juste valable pour quelques semaines alors… Tô pi !

On n’a pas arrêté de me dire que j’étais trop en attente de l’approbation d’autrui, et bien là voilà, j’ai pris une décision qui n’aurait pas été approuvée autrement.

C’est amusant parce que à ce propos j’ai lu un ouvrage un peu balèze concernant les TCA, et franchement, l’image que les auteurs décrivent des personnes malades (dont moi) est… comment dire…franchement est-ce vraiment aussi atroce ? Non, atroce n’est pas le mot… misérable ? Trait de caractère infantile, dépendance aux gens, peur d’être vampirisé [=bouffé] (surtout par la mère), phobie sociale, troubles anxieux (souvent à l’origine des TCA et non les conséquences), inexistence interne… en bref, les personnes atteintes de TCA sont des « non personnes ». Sympa. Moi qui en effet avait déjà des doutes existentiels. On fait comment alors pour s’aimer, hein ? On fait comment lorsque l’on passe devant son miroir pour se dire que cette personne c’est soi et que c’est avec « elle » qu’il va falloir passer le reste de sa vie ?

Moi je veux bien développer mes ressources internes mais c’est si abstrait... A chaque fois que je lis des articles un peu psycho sur le sujet, il revient toujours l’idée d’une révélation… : « ouah et tout d’un coup on voyage en soi-même et on découvre des trésors inexploités, on retrouve ses blessures enfouies, on devient autre, on est zen… ». On a trop fumé la moquette oui ! Faut-il se transmuter en hippie des années 70 ? Tous les tcaniens, tcaniennes dans le Larzac avec des chèvres ? Non mais quoi ?! Et si il n’y avait rien à découvrir d’extraordinaire, justement ? Et si c’était bien ça le problème ? Il y a des bons et des mauvais côtés chez chacun mais pour moi les TCA donnent un truc spécial. J’arrive à avancer sur plein de trucs, mais là, je résiste. Lorsque j’arriverai à bien aimer la nana de la glace, je m’en passerai mais là, bon, non. La société veut que je sois maigrichonne ? All right, pas de problème, c’est faisable, ça m’occupe l’esprit, ça détourne le regard du banal. Mon ego il est juste « bof », comme tout le monde, rien de plus, rien de moins. Ça je l’avale pas. Ça je le régurgite volontiers. Alors quelque part dans un des bouquins que j’ai lu, ça doit figurer dans un chapitre consacré au sentiment de puissance des personnes atteintes de TCA, de leur amour propre exacerbé, de leur complexe de supériorité dissimulé derrière celui de l’infériorité... All right là aussi. M’en fiche. C’est justement ce discours qui agace les anti pro ana (euh, vous me suivez ?). Et je viens de me relire, et c’est vrai, c’est agaçant. Mais je pense que l’on porte tout cela en nous aussi. Pour moi être pro ana ou mia, c’est revendiquer le fait que seules des maladies psychiques arrivent à donner une identité valorisable (et hop, attention, c’est magique, je deviens Nicole Richie, je suis jeune et riche, célèbre, et blonde (euh rousse), supeeeeeer). Mais pas seulement. C’est surtout le fait de se mal aimer. De pas vraiment se résoudre à être soi. Les TCA c’est une seconde peau qui protège de ce que, pour ma part, je pense être de façon variable et selon mon humeur : de la médiocrité, du passable, du tout juste normal, et en cas de bonnes ondes comme ces dernières semaines, de presque potable. Mais en aucun cas je ne peux encore me contenter d’être moi comme ça. J’ai besoin, et là c’est moi le vampire, d’aller chercher dans le regard des autres une image de moi un peu jolie, un peu bien, alors je séduis, je fais des mamours pour qu’on m’aime et c’est la catastrophe si ce n’est pas le cas. Parce que je veux bien être n’importe qui d’autre que moi, suffit de me le dire. A défaut de vampire je me fais cannibale et je me retourne sur mon propre corps, enveloppe qui n’est pas moi, objet externe. Et le regard qui me sert de béquille lorsque je n’ai personne à portée de main ? Dès que je suis seule et que je craque ? Bah c’est cet halo flou mais bien réel de l’image que l’on voit à la télé, dans les journaux, un oeil immense au dessus de soi qui montre que c’est la taille 30 qu’il faut être. Bon sang, j’en suis arrivée à vouloir devenir une taille de vêtement !!! La prochaine fois qu’on me demandera qui je suis, je répondrai : « moi ? Je suis taille 36 mais je compte bien évoluer et devenir taille 34… et si j’ai une super promotion, vous aurez la chance de m’appeler taille 30 très bientôt ! ». C’est vrai que c’est pathétique, c’est vrai que c’est ultra narcissique, c’est si dommage. Je suis certaine que j’ai mieux à offrir. Alors face à cela, ceux qui n’ont pas de problèmes avec leurs ressources internes vont dire : « et bien il faut se bouger et s’occuper des autres ». Je lis beaucoup ces commentaires sur vos blogs parce que évidemment, comme tout est question d’ego dans nos posts ou presque, on peut s’imaginer que nous sommes toutes des monstres d’égoïsme. Ce n’est pas le cas. Le rapport à autrui n’est pas évident pour quelqu’un qui souffre de TCA, il faut le comprendre, c’est comme condamner les autistes. Là même si les gens auront du mal à le croire, c’est un peu pareil. Il y a eu un bug dans la construction des rapports aux autres et du coup, soit cela génère l’impression d’être mangé, bouffé, détruit (phobie sociale), soit au contraire avec un peu d’apprentissage on apprend à être ce que l’autre voit de nous, enfin, ce qu’on imagine qu’il voit de nous (et cela porte d’ailleurs à nombre de confusion).

Mais là encore, à un moment, il faut se couper de ce mécanisme, il y a un problème de limites, l’autre entre trop en nous, c’est insupportable. Et laissez seul on n’entend alors plus rien. Le silence de la mort. Rien ne fait échos là où devrait se situer notre vie, notre identité, nos rêves. Ou si peu. Ou si difficilement, et à force de se conditionner.

Vous trouvez ça compliqué à lire ? Et bah tenter de le vivre. Etre une taille, ça simplifie la donne à une équation très simple et des fois, lorsque l’on tente de résoudre par tous les moyens le problème, ce que j’essaie de faire chaque jour, il est tentant d’en revenir au court circuit.

Je ne suis pas pro ana ou pro mia. Mais je voudrais comprendre pourquoi il est difficile de lâcher les symptômes alors que le reste de la vie s’améliore, que les relations s’équilibres, que les projets se mettent en place et que la déprime a foutu le camp. Je pourrais détruire ce blog, ne plus penser au tca, tenter de vivre autre chose, cela ne servirait à rien. Mes automatismes seraient toujours là et me suivraient partout. Ce miroir qui ne réfléchit rien je le retrouverais. Je pourrais arrêter de me regarder aussi, mais justement, c’est bien ce que je fais depuis 29 ans. Je ne me regarde jamais, je ne regarde que l’image que je projette sur l’écran noir des pupilles des autres. Je reconnais que cela implique que je ne prend pas vraiment en compte qui est cette personne à qui je parle, que je l’utilise. Je reconnais que c’est à changer. Qui n’a pas expérimenté la sensation du vide, de la dépersonnalisation, de se regarder de l’extérieur comme un bout de bois, sans importance, sans rien d’aimable, ne peut que s’insurger sur des traits de personnalités qui semblent si auto centrés. Mais il ignore la chance qu’il, ou elle a. Ainsi, je vous envie, vous qui passez par là et jetez un œil éberlué sur les lignes que vous lisez. Vous savez qui vous êtes. Les blogs des TCA ne sont pas des blogs de taille 30 en devenir, ce sont des blogs de villes fantômes, hantées par des âmes qui cherchent le repos.

Par contre si un médium passe par là, il est le bienvenu.

gtownbouledecristal
 

 

 

20:52 Écrit par Desmerona dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.10.2006

Baby-sitting

cache-cache

 

Pas grand chose à raconter ces jours-ci…. Je travaille, je fais des allers-retours à Paris, tout roule… Je viens de garder les filles d’une bonne amie à moi, celle qui va partir faire le tour du monde à voile, elle a du encore perdre du poids depuis la dernière fois que je l’ai vu tant son pantalon taille 34 lui tombait sur les genoux ! Elle sait pour mes TCA et a avoué avoir eu du mal à manger aussi, surtout lorsqu’elle n’était pas encore mariée avec son cher et tendre. Mais je pense que cela n’a pas du beaucoup changer. Une anorexique qui ne dit pas son nom, est-elle anorexique ? Elle n’a jamais cherché à perdre du poids, elle n’est pas dans des systèmes de restrictions volontaires, ni de sport à outrance, elle a par ailleurs deux petites filles adorables… Non, juste, elle a l’air épuisée comme une maman qui doit faire beaucoup de choses à la fois. Elle m’explique qu’elle a peu de temps pour manger, et que lorsqu’elle nourrit ses filles, elle n’apprécie pas de se mettre à table, elle picore plus qu’elle ne prend de véritable repas. Il n’y a que son mari qui au cours de dîners en tête à tête (assez rares car il bouge beaucoup), arrive à la faire manger. Elle ne va pas chez un psy, n’est pas cataloguée comme ayant des troubles alimentaires mais je trouve ça suspect qu’elle ne se nourrisse que quand on lui donne la béquetée, comme une enfant. Ceci étant, elle a l’air vraiment épuisé, plus que jamais! Comme si toute son énergie était partie en même temps que le reste…. Cela me renvoie l’image de quelqu’un à qui je ne veux pas forcément essayer de ressembler… Elle est super, je l’aime beaucoup, on s’entend bien, mais cet abord de fragilité doublé d’une certaine indifférence liée à la lassitude qu’elle doit ressentir… je ne sais pas… ne donne pas envie , justement… pas franchement envie de se confier, de l’écouter, de rire… pas envie de socialiser, c’est clair. Il n’y a que peu d’affects qui se dégage d’elle. Et moi qui cherchais tant la maigreur comme une façon de montrer de la douleur et de provoquer de l’empathie chez les autres, je découvre en fait que cela peut aussi contribuer à les faire fuir. Or ce n’est plus ce que je cherche. J’ai besoin des autres, j’aime la diversité ; l’altérité… Je veux des gens autour de moi, générateurs de vie ! Me serais-je planter toutes ces longues années sur le procédé à mettre en place pour y parvenir ????

En parlant de ça, je découvre aussi que je suis dépendante, justement, aux « gens ». Il y a eu un truc dans ma tête et je n’arrive pas à créer, penser, ressentir des émotions, me positionner dans le temps si je ne suis pas portée par quelqu’un. Lorsque je suis seule, j’ai la sensation inconsciente que j’ai disparu pour tous le reste des êtres humains de la planète. Enfin, ceux que j’aime…. Je n’arrive plus à porter l’autre en moi lorsque sa présence physique ne m’est plus assurée. C’est pathologique. Mais c’est comme ça. Je ne suis sécurisée et donc en pleine forme, que lorsque j’ai un parent, un ami, un petit copain à mes côtés. Autrement c’est l’angoisse totale et il n’y a que la crise de boulimie qui peut m’apaiser. Je suis enfermée en moi… J’ai souvent cette sensation là… et qui n’est plus de mon âge depuis des années lumières.

Mais en fait j’ai décidé d’assumer cela puisque je ne peux encore le changer. Déjà je n’agonirai plus d’injures mon prochain copain lorsqu’il ira faire sa vie de son côté en me laissant à mes activités… ça soulagera ce future petit veinard J, et puis aussi, et bien si l’affection d’un proche m’inspire, tant pis, je ne serai pas la première. Disons qu’il me faut des muses pour aller de l’avant. Dans ma grande mégalomanie, je pourrais dire que je ne suis pas boulimique- anorexique mais artiste, et na ! C’est vachement plus classe. Le truc c’est que dans un monde où l’individu doit être si indépendant et autonome, il est assez difficile de jeter ça à la gueule du monde. Je ferai donc sans la bénédiction de la bonne moralité pensante.

Ensuite, je me dis que si les gens se suffisaient à eux-mêmes et n’étaient pas tous amenés à rechercher de la compagnie, ils resteraient toujours seuls. Et donc plus de couples. Et donc plus d’enfants. Et donc ça serait la fin des haricots. Au final, assumer ça m’amène à avoir envie (pour la toute première fois de ma vie) à vraiment espérer l’âme soeur et à savoir exactement quoi en attendre et quoi lui donner ; c’est un bon point. Moi qui était la championne du : « chacun chez soi, deux apparts sur le même palier mais si tu es avec moi c’est de la fusion bétonnée » et bien j’ai drôlement évolué.

Pour terminer, je répondrai à cette question : est-ce que là, maintenant, portée par mes proches et en pleine création de projet professionnel, je suis heureuse ? La réponse est oui. Voilà, rien n’importe d’avantage que ça.

Et zut si ce que j’ai nommé la quête du graal (l’autonomie) devient de plus en plus veine au fur et à mesure que je me connais mieux. C’est ça qui m’échappe réellement, pas mon corps, pas la nourriture.

Il n’y a qu’une vie avant la mort, comme dirait le mari de ma copine, je ne vais pas passer à côté à cause de principes psychologiques et sociétaux bidons.

Je n’ai jamais aimé les jeux de cache-cache de toute façon, je comprends mieux pourquoi.

19:22 Écrit par Desmerona dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |